Il y a de meilleures solutions pour un système de santé canadien viable qui reflète les besoins du Canada Il faut améliorer le système de santé pour le rendre plus viable, mais ces améliorations doivent se faire dans le contexte du financement public.
La réforme du système de santé oblige à rendre davantage compte des budgets de la santé – autrement dit, à présenter des analyses de rentabilisation plus solides pour justifier les dépenses, et à mettre davantage l’accent sur les résultats.
Les nouveaux modèles de soins fondés sur une stratégie d’équipes multidisciplinaires peuvent améliorer l’accès aux soins et le déploiement des ressources humaines existantes. La Régie régionale de la santé Capital à Halifax a lancé un nouveau programme consistant à utiliser une équipe d’infirmières et de médecins rémunérés à l’acte qui travaillent en collaboration. Après six mois, les équipes ont calculé que le nombre de rendez-vous donnés à des patients avait augmenté de 52 % par heure et que le temps d’attente pour le rendez-vous suivant avait été ramené à un jour (le lendemain) alors qu’il était auparavant d’une à deux semaines (Smith, 2007). L’Institut de la santé des os et des articulations de l’Alberta suit une « nouvelle approche de l’arthroplastie de la hanche et du genou » qui a ramené de 290 à 37 jours ouvrables les temps d’attente moyens entre la consultation et l’intervention chirurgicale, le tout dans le système financé par le secteur public (Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé, 2008).
Une adaptation plus généralisée de la théorie des files d’attente dans le système de santé augmenterait le débit et réduirait les temps d’attente. On a utilisé partout dans le monde la théorie des files d’attente dans les établissements pour patients hospitalisés, les cliniques externes, les cabinets de consultation, les unités de santé publique, les services de planification des installations et des ressources, les plans de préparation aux interventions d’urgence, les soins en santé mentale, les soins de longue durée, les services de pharmacie et le contrôle des inventaires (Singh, 2006). La Clinique communautaire de Saskatoon utilise le modèle des files d’attente à « accès amélioré » qui a ramené les temps d’attente de 36 jours pour un examen médical complet ou de huit jours pour un rendez-vous régulier à deux jours pour la plupart des types de rendez-vous (Larson, 2006). Les résultats de sondages récents ont montré que presque 90 % des répondants ont reçu un rendez-vous à la clinique dans le délai demandé (communication privée, Ingrid Larson, 2008). Le Réseau des soins chirurgicaux de la Saskatchewan utilise un registre panprovincial des patients en chirurgie comme élément d’une initiative de réduction des temps d’attente. On a recours à ces deux modèles dans le système financé par le secteur public.
En accordant une importance accrue aux stratégies qui favorisent les habitudes de vie saines et préviennent les maladies chroniques, on réduira la demande en services de santé. Au Canada, les maladies chroniques ont causé environ 89 % de tous les décès en 2005 et au moins 67 % de tous les coûts directs des soins de santé (Organisation mondiale de la Santé [OMS], s. d; Conference Board du Canada, 2004). Selon l’OMS (s. d.), « une alimentation saine, l’activité physique régulière et l’évitement des produits du tabac permettraient d’éviter » au moins 80 % des cas de maladie cardiovasculaire prématurée, d’accident vasculaire cérébral et de diabète de type 2 et 40 % des cas de cancer au Canada. Le fait d’investir dans la gestion et la prévention des maladies chroniques au moyen d’une approche fondée sur des pratiques exemplaires, tournée vers la population, axée sur les patients et centrée sur la promotion de la santé comme sur la prévention et la prise en charge des maladies « pourrait produire des économies annuelles de 1,6 milliard de dollars en coûts de soins de santé évités » (Morgan et coll., 2007).
L’utilisation accrue de technologies innovatrices améliorera les soins de santé et la productivité des effectifs de la santé. River Valley Health, au Nouveau-Brunswick, a intégré la télésanté dans son programme de soins à domicile, ce qui, grâce aux possibilités de surveillance quotidienne, a amélioré la souplesse des soins cliniques: une étude a montré que les admissions à l’hôpital avaient diminué de 85 % et les visites à l’urgence, de 55 % chez les personnes inscrites au programme (Association canadienne de soins et services à domicile, 2006). Les télésoins à domicile, pour reprendre l’expression courante, réduisent la fréquence des visites à domicile que les infirmières doivent faire, ce qui améliore la productivité de ces dernières (Association canadienne de soins et services à domicile, 2008).
Références Association canadienne de soins et services à domicile. (2006). Pratiques à forte incidence. Ottawa : auteur. Extrait le 11 septembre 2008 de www.cdnhomecare.ca/media.php?mid=1694
Association canadienne de soins et services à domicile. (2008). L’intégration des technologies de l’information et de la communication dans les soins et les services à domicile au Canada : Rapport final. Ottawa : auteur. Extrait le 10 septembre 2008 de www.cdnhomecare.ca/media.php?mid=1841.
Conference Board du Canada. (2004). Understanding health care cost drivers and escalators. Ottawa : auteur.
Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé. (2008). Données à l’appui : Gestion centralisée des temps d’attente en vue d’améliorer l’efficacité. Ottawa : auteur. Extrait le 23 septembre 2008 de www.chsrf.ca/mythbusters/html/boost13_f.php
Morgan, M.W., Zamora, N.E. et Hindmarsh, M.F. (2007). An inconvenient truth: A sustainable healthcare system requires chronic disease prevention and management transformation. Health Papers, 7(4), 6-23.
Smith, Patsy. (2007). Nursing in your family practice: A program for physicians. Preliminary qualitative findings. Halifax : Capital Health Primary Care.
Une initiative de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada et la Fédération canadienne des syndicats d'infirmières/infirmiers, membres fondateurs du groupe Les infirmières et infirmiers pour l’assurance-maladie.